Identité, culture et environnement

Une figuration engagée qui explore les tensions entre la préservation des espèces et les menaces pesant sur notre environnement. Ses toiles dénoncent les cicatrices du colonialisme tout en luttant contre l’effacement de la culture polynésienne, érigeant l'art en rempart pour la sauvegarde de notre identité et de notre terre.

Le fait nucléaire en Polynésie 

À travers le titre de cette œuvre, Évrard Chaussoy opère un glissement sémantique entre l'atoll de Moruroa et l'expression « Mauruuru roa », formulant ainsi un remerciement ironique au cœur du chaos.

L'artiste structure sa composition autour d'une tension centrale : la déflagration atomique et la dissémination monétaire. En jouant sur les perspectives, il place le spectateur face à sa propre implication, suggérant que chacun a bénéficié, de près ou de loin, de cette manne financière. Il illustre ici le symbole d'une accélération civilisationnelle et économique record, venue percuter l'équilibre traditionnel.

Le développement fulgurant de la Polynésie moderne s'est construit dans le même souffle que les stigmates sanitaires et environnementaux.

Plutôt que de proposer une vision binaire, Évrard Chaussoy utilise cette collision visuelle pour interroger la mémoire collective sur le prix réel de sa propre mutation. Il ne s'agit pas de juger, mais de mettre en lumière la complexité d'un héritage où le confort du présent s'enracine dans les ondes de choc du passé.

La Polynésie française

Cette section célèbre la Polynésie originelle, celle dont la lumière et la sérénité imposent d’elles-mêmes le silence et l’admiration. L’harmonie des paysages et la noblesse des instants simples, une déconnexion totale pour ne plus laisser place qu'à la contemplation pure de notre sanctuaire insulaire.

« Le repas en 2024 »


L’artiste s’approprie l’œuvre de Gauguin, Le Repas, pour l’ériger en témoignage d’une société polynésienne telle qu’elle s'offrait au regard en 1891. Par le détournement, il confronte cette vision historique aux réalités contemporaines afin d'en faire jaillir une critique pertinente. De cette comparaison naît un constat sans concession sur l’évolution du territoire en 2024, transformant une scène de genre classique en un sujet brûlant d’actualité dont la problématique est universelle.

Après avoir été présentée au Museum of Fine Arts lors d’une conférence à Houston au Texas, cette œuvre fait aujourd’hui partie des collections du Musée Te Fare ia Manaha à Tahiti.

Ci-dessus : « le repas » Paul Gauguin, 1891

« Le repas en 2024 », 105 x 75 cm, Evrard Chaussoy, 2024